samedi 24 février 2007

Black-out !

Morceau d'anthologie de notre formidable télévision québécoise, l'émission provocatrice d'affaires publiques Black-out fut à l'époque fortement critiquée pour ensuite être rapidement retirée des ondes par Télévision Quatre-Saisons (TQS).

Dans un chaleureux bar de Montréal, un débat du type table ronde et coups bas était tenu hebdomairement sur un thème précis avec participation fastidieuse d'un public plutôt louche et grisé. Dans la même cuvée des nouvelles émissions de divertissement et de sensationnalisme, Robert Gillet tenait pertinemment le rôle de l'animateur pervers. Le 1er septembre 1998, la première émission déclencha une polémique qui fit sonner le glas de la pérennité de la saison. Le thème était « Le B.S. c'est ben correct » et quatre invités se proclamèrent bénéficiaires de l'aide sociale par choix. Ce cirque entraîna une myriade de plaintes et le Conseil canadien des normes de la radiotélévision condamna finalement TQS :
« Selon le Conseil, la tentative du télédiffuseur de débattre de la question de « l'aide sociale par choix » a peint, de façon générale, une image négative des bénéficiaires de l'aide sociale. Le Conseil considère que l'émission n'a pas présenté un débat complet, juste et convenable sur le thème de l'aide sociale et n'a pas convenablement restreint le débat pour traiter uniquement du problème des personnes qui choisissent l'aide sociale plutôt qu'un emploi rémunéré. En ne réussissant pas à respecter l'une ou l’autre de ces attentes, le télédiffuseur a enfreint le troisième paragraphe de l'article 6 du Code de déontologie. »
Le deuxième épisode de l’émission Black-out fut également controversé. Ayant cette fois comme thème « Le bon, la brute et la matante », soit la démonstration publique de l'orientation sexuelle, le Conseil ne considéra pas que cet épisode contenait des remarques abusivement discriminatoires. Cependant, un autre obstacle se présenta pour Black-out, puisque l'Union des artistes déposa un grief. En effet, des comédiens participants à l'émission auraient été payés à un tarif inférieur à celui imposé par l’Union. Yves Asselin, producteur délégué, nia catégoriquement les allégations :
«Croyez-vous que nous serions assez fous pour "planter" des jeunes comédiens en espérant que personne ne s’en apercevra? demande-t-il. Le milieu est bien trop petit. Ces personnes ont été invitées à titre personnel, parce qu’elles avaient des positions bien tranchées sur les sujets à aborder. Rien de plus.»
Pourtant, Benoît Dutrizac et André Ducharme étaient membres de l'équipe de scripteurs et dans l'épisode « Êtes-vous fiers d'être Québécois? » nous pouvons facilement reconnaître, avec neuf ans de recul, Jean-François Mercier et Gilles Guindon... Je vous présente, gracieuseté de YouTube, cet épisode en cinq parties où nos amis Gilles Proulx, Benoît Dutrizac et Richard Desmarais sont réunis comme panélistes... Un rappel de l'importance de garder un esprit critique...

mercredi 21 février 2007

Halak, la groupie


Est-ce que Jaroslav Halak est le nouveau sauveur ? Je ne serai pas infidèle à Cristobal Huet. Je ne suis pas de cette école... Par conséquent, je fais abstraction des performances du nouveau gardien des Canadiens de Montréal pour plutôt me concentrer sur son masque. Comme vous pouvez le constater, Patrick Roy y est peint soulevant la Coupe Stanley en 1993. Je ne sais pas quoi en penser. Quoique joli comme masque, je trouve ça un peu trop... et pas assez... mais surtout trop... Je ne sais pas. Casseau doit bien rigoler tandis que la nostalgie s'empare de moi...

lundi 19 février 2007

Dans le bon vieux temps

Denis Lessard nous apprend dans la Presse que « Québec sortira son chéquier pour régler le différend qui perdure entre la métropole et la banlieue dans le dossier du déficit du métro. » La facture sera rien de moins que dix millions de dollars par année pour l'ensemble des contribuables québécois. Sans prétention, je crois qu'il existe une solution simple et efficace pour remédier à ce déséquilibre budgétaire. Revenons avec une campagne publicitaire aggressive, convaincante et chantante... comme dans le bon vieux temps. Adieu sous-utilisation du transport en commun, car il fait beau dans le métro. Et dans l'autobus.

Vous n'êtes pas très huppés ceux qui possèdent un cellulaire en 2007. Dans le bon vieux temps, je vous l'aurais accorder.

Je m'ennuie des entreprises familliales d'antan. Aujourd'hui, tout est dépersonnalisé et le siège social situé à l'autre bout du monde. Dans le bon vieux temps, c'était une affaire de famille. Encore mieux, dans le bon vieux temps, on pouvait crier haut et fort notre volonté d'écraser la compétition. Venez nous aider à gagner la guerre !

dimanche 18 février 2007

"I have a family to feed "

Je suis manifestement en retard de quelques années, mais les anecdotes savoureuses sont inaltérables.

Avec une carrière tout de même digne de respect, mis à part la fois qu'il a étranglé son entraîneur lors d'un entraînement, Latrell Sprewell n'a pas su négocier habilement un dernier contrat professionnel comme joueur de basket-ball. Le 31 octobre 2004, les Timberwolves du Minnesota offrent une prolongation de contrat d'une durée de trois ans et totalisant 21 millions de dollars à Sprewell pour conserver ses services au terme de la saison. Pour Latrell, vétéran de treize saisons, cette somme représente une baisse substantielle de son salaire actuel de 15 millions et il la rejette du revers de la main. À ce sujet, il déclare dramatiquement aux médias : "I have a family to feed. " En toute sincérité, je ne connais pas les exigences gastronomiques de sa femme et de ses quatre enfants ou l'étendu de son concept de famille. Je sais cependant que la saison 2004-2005 est la pire de Latrell Sprewell au niveau basket-ball. Toujours sans nouveau contrat lors de la saison morte, il reçoit quelques offres qui correspondent malencontreusement au salaire minimum de la NBA : 1 million par année. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Sprewell préfère alors mettre fin à sa brillante carrière devant cette déconfiture. Il faut en déduire que son orgueil avait préséance sur le bien-être de sa famille...

Question d'apporter quelque chose d'actuel à cette histoire, abstraction faite de la jeune femme de vingt-un ans qu'il a étranglée sur son yatch en 2006, l'ex-femme de Sprewell a entamé une poursuite de 200 millions de dollars le 31 janvier 2007 contre notre négociateur hors pair :
"The lawsuit says that on Sept. 8, Sprewell broke his promise to share his life and fortune with Cabbil when he entered their Purchase, N.Y., home and announced they needed 'to end this fake' relationship.

Sprewell started giving Cabbil less money than usual for household expenses and for their children, ages 3, 7, 8 and 11, and made himself scarce when she tried to find him. Cabbil is also the guardian for a 16-year-old Sprewell fathered with another woman. Classy.

It alleges that, in December, Sprewell entered their home, chased Cabbil around and smacked her hand to prevent her from trying to use a cellphone to call the police. Then he allegedly grabbed her and dragged her down a flight of stairs by her feet, causing her physical and emotional injury."

Je me questionne vraiment sur le train de vie de cette famille... Latrell Sprewell avait réellement une famille à nourrir...

vendredi 16 février 2007

Désolé, je n'ai pas vraiment le temps !

Il est mardi après-midi, je suis à l'Université Laval, plus précisément à la charmante cafétéria du pavillon Charles-de Koninck. Je viens de trouver une table où je peux tenter de me métamorphoser en étudiant studieux. Cependant, quelques papiers traînent sur la table. En environnementaliste aguerri, je me dirige sereinement vers les poubelles pour déposer mes trouvailles au recyclage. Sur le chemin, il y a un homme mi-trentaine qui lève la tête lorsque je passe à proximité de sa table. Sans hésitation, il m'apostrophe : « Salut, c'est quoi ton nom ? ». Surpris de me faire aborder aussi banalement, je joue la carte des bonnes manières avec l'inconnu. Puis, ce dernier me demande dans quel domaine j'étudie et je lui réponds le droit. Le sourire aux lèvres, il me dit alors qu'il a pratiqué le droit criminel pendant quelques années à Montréal et qu'il habite maintenant à Québec avec sa femme.

Déjà déstabilisé par l'entregent de l'étranger, je me demande où cette rencontre me mènera. « Qu'est-ce que tu veux me vendre ? » « Est-ce que tu me le donnes ton sondage ? » Finalement, il me dit qu'il fait partie avec sa muse d'une communauté chrétienne et qu'il aime parler des saintes Écritures avec les étudiants. Je suis sur la défensive. L'intrus enchaîne avec la question qui tue : « Est-ce que tu es croyant ? » Enseveli par la lassitude, je marmonne un « pas vraiment » et je sors l'arsenal, soit le tact : « Désolé, je n'ai pas vraiment le temps ! » Je retourne rondement à ma table et j'observe discrètement le chrétien prendre ses trucs et partir déchanté par le dénouement de notre discussion. Je n'ai jamais su ce qu'il voulait vraiment de moi, j'ai probablement péché. Il voulait peut-être m'inviter à une séance de récitations bibliques ou un spectacle de Christian rock imprégné d'encens. Heureusement, la douche de fin de journée a purifié mon âme...

oh lordy, lordy - who's gonna save me?
you, Jesus baby, take me, baby
take me to the place, that I need to be
by your side, alright, gonna wash your feet

jeudi 1 février 2007

Cheila, ch'us là

Sérieusement, est-ce qu'ils existent vraiment ces participants énigmatiques du populaire jeu télévisé Le Banquier ? Les spécimens de The price is right et de Deal or no deal me font rigoler, mais ceux de l'émission de Julie Snyder, sûrement une question de fierté nationale, me laissent taciturne. Peu importe, il y a de la bisbille à TVA. En fait, le syndicat des employés est outré par l'apparition de Cheila Borneau, concurrente excentrique du Banquier, au TVA 22h de Sophie Thibault. Michel Bibeau, conseiller syndical, est loin d'encenser cette entrevue : « Ça n’a pas de bon sens. Ce n’est pas de la nouvelle et ça n’a pas sa place au TVA 22h. Ça entache la crédibilité du bulletin de nouvelles, qui n’est pas un outil de promotion. » Tout de même pathétique que le syndicat s'enflamme tout bonnement en pleine négociation visant le renouvellement de la convention collective comme si subitement il y avait propagation de la nouvelle insipide et autopromotionnelle... Est-ce qu'il y avait un propos plus anodin qu'une mouche dans un délicieux beignet ? Est-ce qu'il y avait des manoeuvres de marketing moins malsaines et désagréables que celles autour de Star Académie ? Je laisse pour compte Nathalie Simard et le petit Jérémy. Il y a une limite à donner de l'urticaire... Monsieur Bibeau, je vous dis no deal !